Bilan des Inondations

Introduction

Si nous avions pu constater, lors de notre prise de fonction, l'absence d'un plan d'urgence municipal, nous ne doutions pas un seul instant que nous serions confrontés à une situation nécessitant un tel plan.

Les municipalités sont parfois confrontées à des situations de crise, notre ville l'ayant déjà été à l'occasion de 2 incendies ces dernières années.

Ce qui fait la différence entre différents types de catastrophes, c’est sans doute l'étendue des surfaces et des populations touchées.

À ce titre, une inondation comme celle que nous avons connue, présente des caractéristiques bien particulières.

En effet, ce sont plus de 300 logements et une cinquantaine d'entreprises qui ont subi les affres de l'envahissement par les eaux.

Si nous avons pu constater les conséquences immédiates d'un tel phénomène au moment même où nous l'avons vécu, nous ne pouvions pas entrevoir les conséquences de cette situation à plus long terme.

Dans une telle situation, notre municipalité a dû gérer l'urgence : le secours aux personnes, l’information pour la protection des biens, la mise en protection de notre propre outil de travail et la sécurisation de tous les instants du personnel municipal engagé sur le terrain.

La ville aura également eu à gérer le retour à la normale, notamment l'aide au nettoyage pour les populations et les entreprises, la remise en état de nos propres bâtiments touchés et l'aide nécessaire à la prise en compte administrative de la catastrophe pour tous qui s’est traduite par l’accueil et l’information du public, la délivrance d’attestations de catastrophe et parfois le traitement de situations délicates comme, par exemple, l’intervention chez des personnes absentes de leur domicile.

Parmi les tâches particulières que nous ayons eu à prendre en charge en liaison avec la population, il me faut citer notre intervention au cimetière où une tombe sur 5 a nécessité d’être ouverte, vidangée, nettoyée et refermé. A ce jour 80% du travail est effectué.

Enfin, la municipalité, comme elle s’était engagée à le faire, a assuré le suivi constant des formalités à accomplir par les particuliers et les entreprises pour que les conséquences de cette catastrophe naturelle engendrent le moins de problèmes possibles pour les familles et le tissu économique de la commune.

Dernière étape, et pas des moindres, pour notre commune, la remise en état de nos propres dommages a nécessité un important travail administratif et technique pour lesquels nous n'avions pas forcément les ressources humaines en nombre suffisant.

 

Le fil des événements

 Mais revenons à la chronologie des faits.

C’est la vigilance des services techniques et une liaison parfaite avec le cabinet qui auront permis d'alerter le Maire de la catastrophe qui se préparait, ceci dans les meilleurs délais.

En effet, les agents des services techniques ont été les premiers à constater, dès le début de matinée du jeudi 5, qu’une montée inhabituelle des eaux de la Corrèze était en cours.

À onze heures, décision était prise de déranger le Maire, en rendez-vous, pour l’informer de la situation.

Il a été convenu, à ce moment là, de surveiller sur le terrain la progression de la crue, de vérifier auprès des services compétents les prévisions de montées du flot et de refaire à midi un point de situation.

L'état de la Corrèze, les indications données par le service des crues ont amené le Maire à prendre des mesures d'urgence bien avant que nous soyions officiellement avertis par les autorités du caractère exceptionnel de la situation.

Dès midi, en qualité de Maire, je donnais les consignes de rappeler tous les employés disponibles ainsi que les adjoints.

Rapidement des équipes se constituaient , à la fois, pour mettre en sécurité les archives municipales et tout ce qui pouvait l’être au niveau des services techniques.

Dans le même temps, les populations situées dans des quartiers à risques étaient informées par un véhicule municipal équipé en sonorisation ou par des tracts distribués dans les maisons.

Une fois officiellement prévenue par les autorités, un officier des pompiers, mis à notre disposition, accompagné de mon directeur de cabinet prévenait l'hypermarché Géant de la nécessité de procéder à l'évacuation et à la fermeture du centre commercial.

Cette démarche, faite à 14 h, a été réitérée par des adjoints sur place à 15 heures et 16 heures, ainsi que par téléphone, par moi-même, auprès du directeur de l'établissement.

De la même manière, les commerçants et artisans situés dans la zone du Moulin ont été informés par les Maires-adjoints, en tout début d'après-midi, des événements qui se préparaient.

Durant toutes ces heures, des équipes municipales constituées d'élus et de personnels municipaux ont sillonné les quartiers pour informer et aider la population à sauvegarder les biens dans les zones qui commençaient à être attaquées par les eaux.

L'équipe de pompiers du centre de secours de Brive mise à notre disposition a fait de même et a porté secours là où c’était nécessaire.

Le tour des maisons ayant été effectué de manière systématique a permis de procéder à une évacuation médicale rue de Corrèze.

Les moyens mis en place m’ont permis également de circuler dans des engins adaptés dans les rues gagnées par la crue.

En liaison constante avec les services de secours de sécurité, avec le Sous-Préfet, nous avons fait des points de situation afin de pallier tous les problèmes qui nous été posés au fur et à mesure du temps qui s ‘écoulait.

Un centre d’accueil d'urgence a été organisé en fin de soirée dans le château de Sérignac afin d'accueillir les personnes ayant dû évacuer leur habitation.

Pendant toute la nuit, des patrouilles ont été effectuées en véhicule terrestre là où c'était possible,.

L'impossibilité d'accéder à pied ou en véhicule dans une partie de la rue du Bon Abri nous a conduit à demander la mise à disposition de bateaux, ce que nous avons obtenu et qui a permis une surveillance constante de cette zone, qui était la plus touchée au plus fort de la crue.

Une permanence continue a été assurée par les services municipaux durant toute cette première nuit, permanence qui a d'ailleurs été reconduite dans la nuit du vendredi au samedi et le dimanche jusqu'à deux heures du matin.

 

La décrue

  Si nous avons vécu la montée des eaux comme un moment terrible à cause de notre impuissance à arrêter quoi que ce soit, la décrue a offert un spectacle de désolation qui ne l'était pas moins.

C'est une fois l'eau retirée que l'on a pu percevoir l'ampleur réelle des dégâts.

Les dégâts faits aux bâtisses, aux mobiliers, aux objets personnels, la perte de ceux-ci emporté par les eaux, la boue qui s'était installée partout, les odeurs absolument terribles ont fait de la décrue un moment psychologiquement difficile à passer.

Tout ceux qui sont passés dans les rues à la rencontre des habitants touchés par cette catastrophe ont pu se rendre compte du désarroi de beaucoup de nos concitoyens touchés par ces inondations.

Malgré cela, dans un élan de solidarité qu’il me plait de relater, très vite, chacun s'est mis au travail pour que nos maisons, nos rues, nos bâtiments municipaux, nos entreprises et nos commerces puissent retrouver un aspect normal.

Si grâce à l'aide des secours, des agents municipaux et de nombreux bénévoles, les choses ont pu rentrer dans l'ordre rapidement, dans certains cas les dégâts ont subsisté longuement et pour certains sont loin d'être réglés.

Je pense à certaines habitations fortement touchées, y compris au niveau de leurs fondations ou à certaines entreprises qui, encore aujourd'hui, tardent à retrouver une activité normale.

Il en est de même pour de nombreux bâtiments municipaux, notre voirie et certaines infrastructures qui demanderont un long travail de remise en état, ce que certains ne comprennent pas toujours, hélas !

Si le plus fort de la crue a eu lieu dans la nuit de jeudi à vendredi, il aura fallu attendre la journée du mercredi suivant pour que le plus gros soit nettoyé.

Je dois, au nom de municipalité, mais je le leur ai fait connaître par courrier et par voie de presse, mettre chapeau bas et remercier chaleureusement l'ensemble des services, entreprises, associations, bénévoles qui se sont mis spontanément à notre disposition.

Des pompiers, des équipes de la protection civile sont venues de plusieurs départements de France pour nous aider à gérer cette délicate situation.

Nous avons relevé des équipes de Haute-Vienne, du Cantal, de l’Aveyron, du Tarn et Garonne , du Lot et Garonne, de Haute-Garonne, des Deux-Sèvres, de Charente Maritime et de Gironde.

Nous avons pu aussi compter sur l'aide de diverses associations dont la Croix-Rouge.

Le soutien logistique et les interventions du centre de secours, de la gendarmerie, des services de l'état, des entreprises publiques, des entreprises de travaux publics partenaires traditionnels de la commune, le tout coordonné par Monsieur le Sous-Préfet VUIBERT et les commandants Renard et Richard ont été d’une très grande efficacité.

Il n’y aura jamais assez de mots pour dire combien la municipalité sait gré à tous ces hommes et ces femmes de l’action qu’ils ont effectuée à nos côtés.

Nous devons les associer aux remerciements qui nous ont été adressés.

D’ailleurs, au nom de la municipalité, j’ai fait remettre à Monsieur VUIBERT qui nous a quitté il y a quelques jours, la médaille de la Ville en témoignage des excellentes relations que nous avons toujours entretenues mais précisément pour son action, sa présence à nos côtés dans ces moments difficiles pour notre commune.

Son concours et sa connaissance de telles situations nous ont été précieux.

A ces aides extérieures, je dois aussi, ce soir, devant le Conseil Municipal très officiellement, remercier les collègues qui n'ont pas compté leur peine et l'ensemble des personnels municipaux présents dont le travail a été exemplaire.

Je l'ai dit et je le redis, le travail qui a été effectué par nos personnels fait honneur à la tradition d'efficacité des collectivités locales.

Je crois pouvoir affirmer, en fonction des nombreux retours qui nous sont parvenus et qui nous parviennent encore, que la population a apprécié la présence, la disponibilité, l’aide concrète de la municipalité.

Notre volonté d'être au service de la population a pu se traduire dans la réalité.

Bien entendu, tout n'a pas été parfait et nous avons entendu quelques plaintes et doléances.

Nous avons pris en compte ces cas particuliers en étudiant s’il s’agissait d’exigences exorbitantes ou de problèmes réels..

Il me semble de manière générale que la population sait que nous avons cherché à régler tous les problèmes qui nous ont été posés.

Cependant, nous n’écartons pas la possibilité que dans une telle situation certaines informations se soient perdues.

Les conséquences au plan municipal

Il est certain que les conséquences de ces inondations ont été désastreuses pour la population et pour les entreprises de notre commune.

Au dégâts individuels et commerciaux, il faut ajouter les nombreux dégâts de nature plus collective subis au plan municipal.

Les bâtiments communaux, Mairie, Ecole maternelle, cuisine centrale, garderie, dojo, église, trésorerie, salle d’exposition, salle polyvalente ont eu largement à souffrir de la catastrophe.

Nos activités ont été fortement perturbées.

Premières touchées, les festivités du 14 juillet ont du être purement et simplement annulées.

Nous sommes, aujourd'hui, dans l'impossibilité d'assumer une programmation culturelle, vraisemblablement pour encore plus longtemps que nous l’avions imaginé.

Nous ne pouvons pas non plus garantir aux associations une utilisation normale de locaux ou encore assurer aux familles qui souhaiteraient bénéficier de salles municipales qu'elles pourront le faire normalement et ceci n’est pas toujours le plus facile à faire comprendre.

De nombreuses voiries, plusieurs ouvrages d'art ont été endommagés voire détruits.

Dans les premiers jours qui ont suivi la catastrophe, le travail essentiel, outre la remise en état de ce qui devait l’être d'urgence, il a été de procéder à une expertise sommaire des dégâts.

L'évaluation que nous avions faits à chaud a été, malheureusement, largement dépassée.

Les services administratifs et techniques ont eu, durant tout l'été, un travail important pour évaluer les dégâts, les chiffrer, établir les dossiers d'assurances, et commencer des opérations administratives permettant leur mise en état.

Dès le 17 juillet, une procédure de passation d’un marché de maîtrise d’œuvre a été effectué sur 5 bâtiments ( hôtel de ville, bibliothèque, trésorerie, dojo et salle polyvalente).

Un de nos soucis principaux était de savoir si nous pourrions, dans des conditions normales, assurer la rentrée des classes de l’école maternelle Jules Ferry.

Tout ce secteur, école maternelle, cuisine centrale, garderie avait été complètement dévasté par la montée des eaux.

Sensible à la qualité de vie que nous pouvons offrir à nos enfants, je dois vous dire combien j’ai été profondément ému par le spectacle de désolation quand j'ai découvert l'état de l’école maternelle après la catastrophe.

Comme mes collègues, c'est avec une grande joie que j'ai pu me rendre, le jour de la rentrée des classes, dans une école maternelle remise à neuf grâce à la diligence et au travail des entreprises qui ont compris la nécessité d’accélérer la remise en état.

Ici encore nos services, qu'il s'agisse des services techniques ou des personnels d'entretien, ont fait preuve d’un attachement profond à leur mission.

En pleine période de congés et au moment où le BTP souffre d'un manque de main-d'oeuvre, nous n'étions pas complètement sereins.

Chacun à sa place a su relever le défi.

Dans le même temps, nous pouvons nous féliciter des travaux effectués sur la voirie et les trottoirs.

Il est vrai que la ville a retrouvé un aspect extérieur ne laissant subsister que de rares traces des inondations, notamment après le passage de notre service espace vert.

Il faut souvent montrer les photos de la catastrophe pour que nos visiteurs puissent se rendre compte de la situation à laquelle nous nous sommes trouvés confrontés.

Il reste, aujourd'hui, encore beaucoup de travaux à effectuer à l’intérieur des locaux municipaux.

Un énorme chantier nous attend au plan de la mairie. Il est en effet urgent que nos services techniques retrouvent des locaux de travail adaptés et que la ville dispose au moins d'une salle d’exposition et de réception en parfait état.

Ce sont les premiers travaux qui seront effectués parallèlement à ceux de la bibliothèque, de l’église et de la trésorerie et qui seront suivis par la salle polyvalente et le dojo.

Nous pouvons craindre que l’ensemble de ces chantiers nous conduira aux portes de l’été 2002.

Le chiffrage des préjudices au plan municipal effectué par les services se monte à environ 20 millions de francs.

 

Notre accompagnement aux entreprises et à la population.

Pendant toute cette période, nous avons continué à accompagner les habitants sinistrés au plan individuel ainsi que les entreprises, commerces et artisans de la commune touchés par le sinistre.

Toutes les personnes qui ont effectué une déclaration de sinistre ont été informées par courrier individuel (elles étaient 278) de la parution de l’arrêté de catastrophe naturelle et un numéro d’information par téléphone a été mis à leur disposition.

Pour ce qui concerne les entreprises, dès le début de la crise nos contacts avec le Conseil Régional laissaient espérer que des aides pourraient être mobilisées rapidement.

Cela s'est traduit concrètement, à mon initiative, début septembre, par une rencontre entre représentants des entreprises de Malemort ( GIE et zone du Moulin) et une délégation du Conseil Régional conduite par Jean-Claude Guillaumie vice-président chargé des questions économiques.

En fin de semaine dernière, des aides concrètes ont pu être votées par la Région preuve que la rencontre entre la Région et les commerçants et artisans a été utile.

Des aides de trésorerie et des aides à l'investissement mobilier et immobilier pourront être attribuées aux acteurs économiques qui en ont besoin et qui en feront la demande.

Par contre, en qualité de Conseiller Général, je dois dire ma grande surprise quant au silence époustouflant du Conseil Général pendant les inondations, après les inondations et maintenant encore…

Je préfère laisser les citoyens se forger eux-même une opinion sur cette attitude, que fatigué et amer, j’avais qualifié, au moment des événements, d’incompréhensible pour ne pas être polémique.

 

Conclusion

Si d’ores et déjà 800 000 F de travaux de rénovation ont été fait au groupe scolaire Jules Ferry, si plusieurs centaines de milliers de francs ont été investis au niveau des voiries et des extérieurs, comme je l’ai répété, de nombreux travaux restent à effectuer.

Profitant de cette situation, nous améliorerons sans doute certains bâtiments, nous embellirons notre ville, nous réfléchirons à des aménagements permettant de minimiser le retour, que nous espérons improbable, de tels événements.

Il est clair que cette situation a mis un coup d'arrêt à de nombreuses actions que nous avions déjà engagées.

Je pense notamment au travail entrepris par Martine Audebert en matière culturelle.

Il est évident que nous aurons à reporter un certain nombre d'actions et d'investissement contenus dans le programme que nous avions présentés à la population.

Que chacun soit bien assuré que notre municipalité ne sort ni abattue, ni résignée de cette épreuve, de cette situation exceptionnelle.

Plus que jamais, nous avons cherché à montrer que nous étions capables de concrétiser le slogan que nous avons choisi comme symbole pour l’action au service de notre ville.

Elus et personnels municipaux ont tenté, à l’occasion de cette crise, de faire la démonstration que la ville était bien au service de la population et je suis intimement persuadé que nous y sommes parvenus.

Les témoignages de sympathie, la solidarité qui s’est exercée, notamment entre tous les acteurs de la vie municipale, nous ont renforcés.

Cette situation particulière a conforté nos objectifs et notre méthode de gestion des évènements.

Elle s’inscrit d’ailleurs parfaitement dans notre approche globale de la gestion normale d’une commune au quotidien.

Aujourd'hui et demain, comme hier, nous continuerons à gérer la ville au mieux des intérêts de la population pour que notre commune se développe et qu'il continue à faire bon vivre à MALEMORT.